- Radial est née en 1996 à Vancouver, fondée par Peter Janis, avec une première obsession : la boîte de direct
- La JDI, DI passive à transformateur Jensen, ne demande aucune alimentation et isole électriquement la source de la console
- Le réamping permet de rejouer une prise sèche dans un vrai ampli, des jours après le passage du guitariste
- Pour ses 30 ans, la marque sort le TTYM30 et garde son cap : True to your music
Il y a un truc assez paradoxal dans le monde de l’audio pro : plus un matériel fait bien son boulot, moins on parle de lui. Sur une grosse scène, tout le monde regarde la guitare, l’ampli, les micros ou la console. Et entre tout ça, il y a plein de petites boîtes dont le seul job est de faire arriver le bon signal au bon endroit, sans bruit, sans perte, et surtout tous les soirs. Dans ce domaine, il y a un nom qu’on croise absolument partout depuis 30 ans : Radial.
Alors aujourd’hui, exceptionnellement, je ne vais pas te tester un produit. Je vais te raconter une histoire, celle d’une marque canadienne qui a bâti sa réputation sur des objets que le public n’entendra jamais.
1996 : Radial naît à Vancouver et s’attaque aux DI
À l’origine de Radial, il y a Peter Janis, musicien et entrepreneur, qui fonde la marque à Vancouver, au Canada. Petite coïncidence qui me fait sourire : c’est aussi mon année de naissance. Et le tout premier problème auquel l’équipe décide de s’attaquer est d’une simplicité désarmante : la DI.
Une DI, ou boîte de direct, ça sert à prendre le signal d’une basse, d’une guitare acoustique ou d’un clavier et à l’envoyer proprement vers une console. Son travail tient en trois points, et ce sont ces trois points qui font toute la différence sur un plateau.
- Adapter l’impédance et le niveau entre un instrument et une entrée de console
- Symétriser le signal pour qu’il traverse de longs câbles sans attraper de parasites
- Isoler électriquement la source de la console, ce qui règle les fameuses boucles de masse
La réponse de la marque, c’est la JDI. Une DI passive extrêmement robuste, équipée d’un transformateur Jensen. Elle n’a besoin d’aucune alimentation, et le transformateur assure justement cette isolation entre la source et la console. L’idée est très simple : ne pas embellir le signal, simplement le respecter.
C’est le boîtier qui a installé la réputation de Radial auprès des ingénieurs du son, et il n’a pas bougé d’un millimètre depuis. Tu branches ta basse ou ton électro-acoustique en jack, tu repars en XLR vers la console, et une sortie thru te permet de continuer d’alimenter ton ampli de scène.
Au coeur du boîtier, le transformateur Jensen et un châssis blindé en Mu-Métal contre les interférences électromagnétiques. Et il y a même un mode Speaker, avec l’atténuation qui va avec, pour prélever le caractère d’un ampli en parallèle d’une enceinte.
Points forts
- Transformateur Jensen et blindage Mu-Métal
- Aucune alimentation à prévoir, tu branches et c’est réglé
- Interrupteur de masse et inverseur de phase sur la face
- Mode Merge pour sommer deux sources dans un seul canal
Points faibles
- Un seul canal
- 703 g dans la sacoche
DI passive ou DI active : deux réponses à deux situations
Au fil des années, les besoins évoluent et les produits aussi. À côté de la JDI passive, tu trouves des solutions actives comme la J48 Stereo, qui gère deux canaux dans un même boîtier et va chercher l’alimentation fantôme 48 V de la console pour alimenter son circuit.
Et je veux être très clair là-dessus, parce que c’est la question qui revient le plus souvent : ce n’est pas la JDI en mieux. Ce sont deux approches pour deux situations. Le passif encaisse les instruments à fort niveau de sortie sans rien demander à personne. L’actif te donne de la réserve dynamique et une entrée à haute impédance, ce qui va très bien aux claviers et aux instruments à électronique embarquée.
Celle-là, c’est la boîte du claviériste et du multi-instrumentiste. Deux entrées jack, deux sorties XLR symétriques, deux sorties Thru pour attaquer des amplis ou des retours, et un commutateur Merge qui somme la stéréo en mono quand le plateau l’exige.
Elle tire tout ce qu’elle peut du 48 V de la console pour garder de la réserve dynamique, et tu retrouves sur la face l’inverseur de phase, l’interrupteur de masse et un filtre passe-haut à 80 Hz qui nettoie les résonances de scène en deux secondes.
Points forts
- Deux canaux dans un seul boîtier
- Alimentation fantôme 48 V, aucune pile à surveiller
- Une sortie Thru par entrée pour garder son ampli de scène
- Filtre passe-haut 80 Hz, phase et masse sur la face
Points faibles
- Il lui faut une console qui envoie vraiment le 48 V
- Niveau d’entrée max à +10 dBu, le pad -15 dB sert vite
L’alimentation fantôme, c’est du courant continu que la console envoie dans le câble XLR, en même temps que le signal audio y circule. C’est ce qui alimente les micros à condensateur, et c’est aussi ce qui fait vivre une DI active. Avant de partir en répète, vérifie que le 48 V est bien disponible sur la voie que tu comptes utiliser.
Le réamping, ou comment choisir l’ampli trois jours après le guitariste
Il y a une autre pratique à laquelle Radial est intimement lié, et qui est devenue un réflexe en studio : le réamping. Le principe est génial de simplicité. Tu enregistres une guitare en conservant son signal direct et propre, ce qu’on appelle une prise « dry ». Puis, plus tard, tu renvoies cette même performance vers un véritable ampli pour choisir ton son à tête reposée.
Concrètement, le guitariste peut être rentré chez lui depuis trois jours que tu es encore en train de tester des amplis, de déplacer un micro de deux centimètres et de changer une pédale. C’est le rêve de l’ingé son, et franchement celui du guitariste aussi : plus besoin de le rappeler parce que le son ne colle plus avec le mix.
Le Pro-RMP adapte la sortie ligne de ton interface audio pour retrouver un signal approprié à l’entrée instrument d’un ampli guitare. Tu entres en XLR, tu ressors en jack, et un réglage de niveau de sortie te laisse doser précisément le volume envoyé dans l’ampli. C’est là que tu ajustes l’attaque du préampli, et ça change tout sur un son saturé.
Il est 100 % passif, avec un transformateur qui isole les équipements entre eux, et un interrupteur de masse pour calmer les ronflettes dès que tu mélanges interface, ampli et réseau électrique du studio. Et il n’y a pas que la guitare : ça marche aussi très bien pour faire passer un synthé, des percussions ou même une voix dans une chaîne d’effets externe.
Points forts
- 100 % passif, rien à alimenter
- Réglage de niveau de sortie pour doser l’attaque de l’ampli
- Transformateur d’isolation et interrupteur de masse
- Entrée XLR, sortie jack : le câblage est évident
Points faibles
- Un seul canal, donc un ampli à la fois
- Il te faut une sortie ligne libre sur ton interface
Si tu préfères une approche entièrement passive développée autour d’un transformateur Jensen, il y a aussi le Reamp JCR, le studio reamper maison. Et cette histoire a une date clé : en 2011, Radial acquiert la technologie Reamp développée par le producteur et ingénieur John Cuniberti. Encore une fois, le principe est très radial : prendre un workflow potentiellement compliqué et le rendre propre, simple et reproductible.
Router, splitter, transporter : Radial sur le plateau
Parce qu’avoir un bon son ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir le router, le splitter, parfois l’envoyer très loin, et faire en sorte que tout fonctionne à chaque concert. Là, tu comprends la logique maison : un problème précis, une petite boîte en métal qui le résout.
Envoyer une guitare dans deux amplis
Le BigShot ABY permet d’envoyer une guitare vers deux amplis, ou de passer de l’un à l’autre au pied. Sauf qu’utiliser deux amplis en même temps, ça amène vite des questions de masse et de phase. Tu retrouves donc des fonctions d’isolation et d’inversion de polarité pour gérer proprement ce type de configuration. Splitter une guitare, ce n’est pas juste mettre un Y au bout d’un câble.
Traverser un grand plateau sans perdre le signal
Autre situation classique : transporter un signal instrument sur une longue distance, quand ton pedalboard est côté jardin et ton ampli au fond du plateau. C’est le rôle du SGI Stereo, avec un système qui adapte le signal pour son transport avant de le restituer à destination, ici sur deux canaux. Sur une grande scène où les pédales et les amplis sont très éloignés, ce genre de solution prend tout son sens.
Parler à l’équipe sans que le public entende
Et parfois, les besoins sont encore plus spécifiques. Le HotShot MD permet à un musicien de communiquer avec les techniciens ou les autres musiciens sans que ça parte vers la façade. Tu appuies sur le footswitch le temps de parler à l’équipe, tu relâches, et tu reviens immédiatement à la situation normale. Dit comme ça, ce n’est pas spectaculaire, mais sur une tournée, ça t’évite de gérer un micro façade et un micro talkback séparés : un seul micro, commutable.
Certains styles reposent énormément sur l’improvisation et la conduite en direct, le gospel en premier lieu, où tout se décide pendant le morceau. Un talkback au pied, c’est exactement ce qui permet de garder cette communication vivante sans la balancer dans la salle.
Voco-Loco : et si le chanteur avait droit aux pédales ?
Il y a aussi un moment où la marque a ouvert la porte à des engins plus particuliers. La Voco-Loco en fait partie : elle permet d’intégrer des pédales d’effet de guitare dans une chaîne destinée à une source micro, en créant une boucle adaptée aux différences de niveau et d’impédance. En gros, Radial regarde un pedalboard et se dit : pourquoi les guitaristes seraient les seuls à s’amuser ?
Tu entres au micro en XLR, tu ressors en XLR vers la console, et entre les deux tu insères tes delays, tes reverbs, tes overdrives et tes modulations en jack 6,35 mm. Le préampli micro en classe A FET apporte le gain, et une EQ 2 bandes te laisse façonner le signal avant les effets.
La boucle est isolée par transformateur, avec des niveaux send et return indépendants, et un contrôle de tonalité sur la réinjection quand une pédale est un peu trop brillante. Le potentiomètre de blend dose le dry/wet au doigt. Chanteurs, beatboxers, harmonicistes, saxophonistes, trompettistes : le terrain de jeu est large.
Points forts
- Préampli micro classe A FET et EQ 2 bandes avant les effets
- Boucle isolée par transformateur, send et return séparés
- Alimentation fantôme 48 V activable pour les micros à condensateur
- Deux footswitches : boucle, puis mute ou 100 % wet
Points faibles
- Alimentation externe 9 à 18 V DC à prévoir
- Une seule boucle, donc un seul bloc de pédales à la fois
30 ans plus tard, Radial est sur toutes les scènes
Avec cette philosophie, la marque a fini par se retrouver un peu partout. On parle de matos utilisé par toi et ton groupe dans une salle de quartier ou une SMAC, mais aussi sur les tournées de Toto, des Stones, de Sting, d’AC/DC ou de Metallica, et plus récemment de Dua Lipa ou d’Olivia Rodrigo. La logique est assez simple à saisir : plus un show devient gros, plus la fiabilité devient essentielle. Un petit buzz sur une petite sono, ça devient un énorme buzz sur une énorme sono.
C’est exactement ce que la marque célèbre aujourd’hui avec le TTYM30, son édition anniversaire. True to your music, 30 ans. Et l’idée n’est pas seulement de regarder en arrière : le message qui l’accompagne parle de la suite, built for the next generation of sound.
Quand on débute, on pense au matériel qui fabrique le son : guitare, ampli, pédales, micro. Avec l’expérience, on se met à réfléchir à la manière de préserver ce son, de le transporter, de le distribuer et d’éviter les bruits. Un setup pro, ce n’est pas celui qui possède le plus de matériel, c’est celui sur lequel on peut compter. Si tu veux voir à quoi ressemble ce rayon-là, tout est sur la page boîtes de direct Radial.
Ce que 30 ans de Radial racontent vraiment
En 30 ans, les studios, les scènes, les rigs et les technologies ont énormément changé. Mais entre le moment où un musicien crée un son et le moment où quelqu’un l’entend, il faut toujours réussir à faire passer un signal le plus net possible. Et depuis 1996, Radial essaie simplement de faire en sorte que ton son arrive de l’autre côté exactement comme prévu.
Alors joyeux anniversaire, et rendez-vous dans 30 ans pour parler, qui sait, de DI quantique. Ou, en connaissant la marque, d’une petite boîte en métal avec un jack qui fait exactement ce qu’on lui demande. Tu retrouves toute la gamme sur la page Radial, et le reste du rayon sur les boîtes de direct. Si tu as des questions sur un boîtier en particulier, laisse-moi un commentaire sous la vidéo. Sur ce, je te souhaite une très belle journée et je te dis à bientôt !

