
- Steve Vai est un des guitaristes les plus techniques et créatifs de sa génération, formé à l’école Frank Zappa.
- La guitare Ibanez Steve Vai naît en 1987 avec le JEM, pensée en dialogue direct avec le musicien.
- Le JEM introduit des standards devenus incontournables : Monkey Grip, Lion’s Claw, micros DiMarzio Evolution.
- La gamme s’est enrichie avec l’Universe 7 cordes et la série PIA, tout en gardant l’ADN du modèle d’origine.
Le jour où on croise une guitare Ibanez Steve Vai pour la première fois, on comprend vite qu’on n’a pas affaire à un modèle signature parmi d’autres, mais à une guitare électrique pensée détail par détail avec le musicien lui-même
Retour sur l’histoire d’un partenariat entre un guitariste hors norme et un fabricant japonais qui a accepté de tout remettre en question pour lui. Entre anecdotes de studio, innovations techniques et évolution de la gamme jusqu’à aujourd’hui, voici de quoi comprendre pourquoi le nom « JEM » fait encore vibrer les guitaristes plus de trente-cinq ans après.
Steve Vai, le guitariste virtuose qui a redéfini les limites de l’instrument
Avant de parler matos, il faut parler de l’homme. Steven Siro Vai grandit à Long Island, dévore les partitions de Jimi Hendrix et Led Zeppelin, et se met en tête d’apprendre à transcrire à l’oreille des solos que la plupart des guitaristes jugent injouables. Il transcrit même des morceaux entiers de Frank Zappa, au point que ce dernier finit par l’embaucher comme « copiste transcripteur » avant de le prendre dans son groupe.
Cette période chez Zappa forge sa réputation de guitariste capable de jouer littéralement n’importe quoi, y compris des lignes écrites pour dérouter. Il enchaîne ensuite avec Alcatrazz, remplace Yngwie Malmsteen (excusez du peu), puis rejoint David Lee Roth pour l’album Eat ‘Em and Smile en 1986. C’est là que tout bascule : Vai devient une vraie tête d’affiche, connu pour ses tapping vertigineux, ses harmoniques artificielles criardes et son usage du whammy bar (le vibrato) comme un instrument à part entière, capable de faire hurler ou chanter une note.
Passé par Whitesnake, puis par une carrière solo entamée avec Flex-Able et consolidée par Passion and Warfare (1990), Vai s’impose comme un artiste inclassable : à la fois shredder virtuose et compositeur capable d’écriture orchestrale. C’est ce profil singulier, technique extrême, exigences sonores très précises, qui va pousser Ibanez à repenser entièrement sa conception de la guitare électrique.
1987 : la naissance de la guitare Ibanez Steve Vai, la série JEM

Au milieu des années 1980, Ibanez cherche une tête d’affiche pour concurrencer Fender et Charvel/Jackson sur le segment shred. Vai, déjà connu pour ses exigences (il modifiait lui-même ses guitares avec des cure-dents et de la colle pour ajuster l’action, c’est authentique), devient l’interlocuteur idéal. Le projet démarre en 1987 : au lieu de lui proposer un modèle existant repeint aux couleurs de sa signature, Ibanez lui laisse littéralement dessiner sa guitare de rêve.
Le résultat s’appelle JEM. Une guitare Ibanez Steve Vai pensée du manche jusqu’au dernier écrou, avec un objectif simple sur le papier, redoutable en pratique : offrir la jouabilité la plus rapide et la plus expressive possible, sans jamais sacrifier la stabilité d’accordage sur scène. Le corps en forme de « double cutaway » agressif permet un accès total aux dernières frettes, une obsession pour un guitariste qui grimpe régulièrement au-delà de la 24e case. À sa sortie officielle au NAMM Show de juin 1987, le modèle est proposé en trois teintes fluo qui détonnent complètement dans le paysage de l’époque : Desert Sun Yellow, Shocking Pink, et une édition limitée Loch Ness Green.
Vai a mis lui-même la main à la pâte sur le prototype : c’est avec un marteau et un tournevis qu’il a modifié le vibrato Floyd Rose fourni par Ibanez pour obtenir un flottement total, autorisant les fameuses montées de note vers l’aigu qui deviendront sa signature.
Des innovations devenues iconiques sur la JEM
Ce qui rend la JEM légendaire, ce n’est pas juste son look flashy (même si le fameux motif floral rose et bleu du JEM77P a marqué toute une époque). C’est une série de détails techniques que Vai a exigés et que la plupart des autres marques ont fini par copier :
- Le Monkey Grip : cette poignée découpée dans le corps, pensée pour manipuler la guitare pendant les prestations scéniques les plus acrobatiques.
- Le Lion’s Claw : une cavité de tremolo taillée en forme de griffe, qui permet de tirer le vibrato vers le haut sans que le corps ne fasse obstacle.
- Des micros pensés pour la précision : le tout premier JEM embarque des DiMarzio PAF Pro associés à un single-coil sur mesure, avant l’arrivée en 1993 des micros DiMarzio Evolution sur la JEM7V, conçus spécifiquement avec Vai pour un son clair et défini même en saturation extrême.
- Le manche « Wizard », fin et rapide, qui deviendra une référence pour toute une génération de guitares metal.
Cette approche a un mérite qu’on redécouvre à chaque fois qu’on en prend une en main à l’atelier : rien n’est décoratif. Chaque courbe, chaque cavité répond à un besoin de jeu concret. C’est ce qui distingue une vraie signature d’un simple modèle repeint aux couleurs d’un artiste.
Pour les débutants qui veulent goûter à cet univers sans se lancer dans un modèle premium, Ibanez propose aujourd’hui des versions accessibles comme la JEM Jr WH White ou sa déclinaison plus sombre, la JEM Jr BK Black. Une manière fidèle de retrouver la silhouette et les sensations du modèle original à un tarif nettement plus doux.
De l’Universe 7 cordes à la série PIA : l’évolution de la gamme Ibanez Steve Vai



La JEM n’a jamais été un aboutissement figé. Dès 1990, Vai pousse Ibanez encore plus loin en réclamant une septième corde grave, une idée à contre-courant à l’époque. Naît alors l’Ibanez Universe, considérée comme la première guitare 7 cordes produite en série dans le monde. Elle ouvrira la voie à toute la scène djent et metal progressif des décennies suivantes, bien avant que le concept ne devienne un standard chez d’autres marques.
Aujourd’hui, cet héritage 7 cordes se retrouve dans des modèles comme l’UV70P BK Black Premium, un clin d’œil direct à l’Universe originale pour qui veut descendre dans le grave sans renoncer au confort de jeu Vai.
Puis, en 2020, nouvelle étape avec une toute nouvelle gamme baptisée PIA, présentée au NAMM Show. Le nom cache un double sens assumé par Vai lui-même : officiellement l’acronyme de « Paradise In Art », mais aussi un clin d’œil à Pia, le prénom de son épouse. La série reprend les fondamentaux du JEM (Lion’s Claw, manche fin, micros Vai signature DiMarzio) tout en modernisant certains détails : forme de corps légèrement redessinée, incrustations repensées, et une attention encore plus poussée portée à la finition. En 2023, pour les 35 ans de la collaboration entre Vai et Ibanez, la marque a même dévoilé un modèle anniversaire flamboyant, le PIA77BON « Brilliance of Now ».
La couleur Stallion White (blanc nacré) du modèle PIA3761-SLW n’est pas anodine : c’est la teinte que Vai lui-même a choisie pour ses guitares personnelles depuis des années, un vrai marqueur de sa signature visuelle au même titre que le motif floral du JEM77P.
Quelle guitare Ibanez Steve Vai choisir aujourd’hui ?
Bonne nouvelle : la gamme actuelle couvre à peu près tous les budgets et tous les profils de guitariste. Voici comment on s’y retrouve, concrètement.
Pour débuter ou shredder sans se ruiner


La gamme JEM Jr reprend la silhouette et les codes visuels du modèle historique (corps allégé, Monkey Grip, manche rapide) à un tarif très abordable. On la trouve en blanc avec la JEM Jr WH White, mais aussi dans des teintes plus punchy comme la JEM Jr SP Pink.
Pour viser l’authenticité historique


Si l’objectif, c’est de posséder l’esprit du JEM original dans ses moindres détails, direction les modèles Premium. La JEM7VP White Premium reprend fidèlement les specs du modèle qui a fait la réputation de Vai à la fin des années 80. Et pour les amateurs du motif floral culte, impossible de passer à côté de la JEM77P BFP Blue Floral Pattern, sans doute la version la plus reconnaissable entre toutes.
Pour la vision actuelle de Vai : la série PIA
Ceux qui veulent le regard de Vai en 2024-2025, avec toutes les finitions modernisées, se tourneront vers la série PIA. Le coloris PIA3761C Blue Powder apporte une touche pastel inédite, quand l’PIA3761-XB Onyx Black reste plus sobre et polyvalente sur scène comme en studio.
Ne choisis pas ta guitare Ibanez Steve Vai uniquement sur la couleur. Demande-toi d’abord ce que tu recherches vraiment : la nervosité vive d’un manche Wizard fin pour le shred, ou le grain grave d’une 7 cordes pour du metal progressif. Le look suit, mais le jeu doit rester la priorité.
Une signature qui traverse les générations
Ce qui frappe, avec le recul, c’est la cohérence de toute cette histoire. Du JEM de 1987 à la série PIA actuelle, en passant par l’Universe 7 cordes, Steve Vai n’a jamais cherché à coller son nom sur un produit existant. Il a chaque fois poussé Ibanez à repenser ce qu’une guitare pouvait faire, et une bonne partie de ces idées, manche fin, cavité de tremolo dégagée, micros taillés pour la vitesse, a fini par irriguer toute l’industrie du metal moderne.
Alors, débutant curieux ou guitariste confirmé en quête d’un instrument qui a une vraie histoire à raconter, il y a forcément une guitare Ibanez Steve Vai qui correspond à ton niveau et à ton budget. Reste plus qu’à poser les doigts dessus.

