Passer au contenu Passer à la navigation Passer au pied de page

New

Bienvenue sur le nouveau site Woodbrass

Accordéon diatonique VS chromatique : similitudes et différences

 

Ce qu’il faut retenir
  • La différence tient en un mot : la bisonorité. Un bouton d’accordéon diatonique donne deux notes, une au poussé, une au tiré
  • Le chromatique est unisonore : une touche, une note, dans les deux sens du soufflet
  • Le diatonique est accordé dans une ou deux tonalités (Sol/Do, La/Ré). Le chromatique les a toutes
  • Les points communs restent majoritaires : soufflet, anches libres, mélodie à droite, basses et accords à gauche

Il y a une erreur qu’on voit revenir souvent, et elle coûte le prix d’une méthode : acheter un recueil de doigtés qui ne tombe sur rien, parce qu’il est écrit pour l’autre famille d’accordéon. Une méthode d’accordéon diatonique ne s’ouvre pas sur un chromatique, et inversement. Les deux instruments partagent pourtant presque tout : même soufflet, mêmes anches, même façon de se porter aux bretelles. La différence tient à une mécanique interne que personne ne voit, et qui change tout dès la première note tenue. Voici ce qui sépare réellement les deux familles, ce qu’elles partagent, et comment savoir laquelle correspond à la musique que tu veux jouer.

Accordéon diatonique ou chromatique : la différence

Sur un accordéon diatonique, un même bouton donne deux notes différentes selon que tu pousses ou que tu tires le soufflet, et l’instrument est accordé dans une ou deux tonalités précises. Sur un accordéon chromatique, une touche donne toujours la même note dans les deux sens, et les douze demi-tons sont présents, donc toutes les tonalités. Le reste, clavier, nombre de basses, poids, répertoire, découle de ces deux points.

Astuce

Le test prend trois secondes. Garde un bouton enfoncé, pousse le soufflet, puis tire sans relâcher le doigt. La hauteur change, c’est un diatonique. Elle reste identique, c’est un chromatique. Sur une annonce, compare le nombre de boutons et le nombre de notes : 21 boutons pour 42 notes, le compte est double, c’est un diatonique.

Les similitudes : soufflet, anches libres et logique à deux mains

Avant de chercher ce qui les sépare, il faut voir ce qui les réunit : c’est la plus grosse partie du sujet. Diatonique et chromatique sont deux instruments à anches libres, où une languette de métal vibre dans son cadre quand l’air du soufflet la traverse. Aucun des deux ne sonne sans mouvement de soufflet : le geste du bras est l’archet de l’accordéoniste, et c’est lui qui porte la dynamique.

L’organisation du jeu est commune elle aussi : main droite la mélodie, main gauche des basses et des accords préfabriqués qui tombent sous les doigts. Même façon de se porter, même entretien, même réglage confié à un accordeur spécialisé. Les accessoires accordéon passent d’ailleurs d’une famille à l’autre, bretelles et courroies comprises.

L’accordéon diatonique : bisonore et accordé en tonalités

Un accordéon diatonique ne donne pas les douze demi-tons de la gamme. Il est construit dans une ou deux tonalités, en général inscrites dans le nom du modèle : Sol/Do, La/Ré, Do/Fa, Ré/Sol. Chaque rangée de boutons correspond à une tonalité, et un morceau dans un ton éloigné demande des doigtés d’emprunt. C’est la logique de l’instrument : le répertoire de bal, de danse et de chant traditionnel vit dans ces tonalités-là.

La main gauche suit la même économie de moyens : huit basses sur un deux rangées, douze ou quarante sur les formats plus fournis. Elles fonctionnent elles aussi en bisonore, ce qui installe la pompe du bal presque toute seule, basse au poussé et accord au tiré.

Le Hohner 2915 Gold Brand résume la logique diatonique en deux chiffres : 21 boutons à la main droite sur 2 rangées, pour 42 notes. Le compte double signe la bisonorité. La main gauche tient sur 8 basses traditionnelles en 2 voix. Accordé en Sol/Do, il existe aussi en La/Ré, Do/Fa et Ré/Sol. Hohner met en avant sa puissance acoustique : 2 voix à droite qui passent au-dessus d’un ensemble sans sonorisation.

Points forts

  • 21 boutons pour 42 notes : une note au poussé, une autre au tiré
  • 8 basses traditionnelles en 2 voix, la pompe du bal sous les doigts
  • Quatre accordages au catalogue : Sol/Do, La/Ré, Do/Fa et Ré/Sol
  • 2,6 kg pour 28 cm x 15 cm, coffre bois et courroies cuir

Points faibles

  • Les tonalités éloignées de l’accordage demandent des doigtés d’emprunt
  • Accompagnement ramassé sur 8 basses, sans registre
Bon à savoir

L’accordéon breveté par Cyrill Demian à Vienne en 1829 était diatonique et bisonore : le système d’origine, c’est celui du diatonique. Le clavier chromatique à boutons arrive une vingtaine d’années plus tard, le clavier piano dans la foulée. Même souche, deux chemins.

L’accordéon chromatique : unisonore et complet

Un chromatique donne les douze demi-tons, dans tous les tons, sans changer d’instrument. Attention au piège de vocabulaire, le plus fréquent de tous : « chromatique » désigne un système, pas une forme de clavier. Il existe en deux formats, le clavier piano avec ses touches blanches et noires, et le clavier à boutons, plus compact à tessiture égale. Les deux jouent rigoureusement les mêmes notes.

À la main gauche, le chromatique passe aux basses standard, dites aussi basses composées : 48, 72, 96 ou 120 selon le modèle, sur six rangs. Deux rangs de basses, puis des rangs d’accords majeurs, mineurs, de septième de dominante et de septième diminuée. De quoi harmoniser une chanson entière sans quitter la position de la main.

Le Hohner Bravo III 72 est un chromatique à clavier piano : 34 touches à la main droite pour 34 notes, une touche une note, dans les deux sens du soufflet. La main gauche dispose de 72 basses sur 6 rangs, l’architecture standard sur laquelle se construisent les automatismes d’accompagnement, avec une tessiture de Sol à Mi. Côté timbre, 3 voix à droite et 4 à gauche, 5 registres à droite et 2 à gauche. Il pèse 7,4 kg et arrive avec housse et bretelles.

Points forts

  • 34 touches piano pour 34 notes : la même hauteur au poussé et au tiré
  • 72 basses sur 6 rangs, de quoi harmoniser un morceau entier
  • Les douze demi-tons : toutes les tonalités sur le même instrument
  • 5 registres à droite et 2 à gauche, housse et bretelles livrées

Points faibles

  • Le clavier complet demande un temps d’apprentissage avant les premiers morceaux
  • 7,4 kg, un gabarit à prendre en compte pour le jeu debout

Le récapitulatif des différences

Les deux instruments ci-dessus, représentants de leur famille, mis face à face ligne par ligne.

21 boutons pour 42 notes : une note au poussé, une autre au tiré|34 touches piano pour 34 notes : la même hauteur au poussé et au tiré
8 basses traditionnelles en 2 voix, la pompe du bal sous les doigts|72 basses sur 6 rangs, de quoi harmoniser un morceau entier
Quatre accordages au catalogue : Sol/Do, La/Ré, Do/Fa et Ré/Sol|Les douze demi-tons : toutes les tonalités sur le même instrument
2,6 kg pour 28 cm x 15 cm, coffre bois et courroies cuir|5 registres à droite et 2 à gauche, housse et bretelles livrées
Les tonalités éloignées de l’accordage demandent des doigtés d’emprunt|Le clavier complet demande un temps d’apprentissage avant les premiers morceaux
Accompagnement ramassé sur 8 basses, sans registre|7,4 kg, un gabarit à prendre en compte pour le jeu debout

Accordéon diatonique ou chromatique : lequel choisir

C’est le répertoire qui tranche, pas le niveau ni le budget : les deux familles ont leurs virtuoses et leurs débutants. Un critère très concret s’ajoute, l’entourage. Si les gens avec qui tu joues sont tous en Sol/Do, arriver avec un La/Ré complique les sessions.

  • Bal folk, trad breton, irlandais, cajun, tex-mex, chants de marins : le diatonique est l’instrument de ces musiques, et le geste de soufflet fait partie du style
  • Musette, chanson, variété, jazz, classique : le chromatique suit le répertoire partout, parce qu’il module et change de ton sans contrainte
  • Tu joues à l’oreille, debout, en session : le diatonique, léger et immédiat, se prête à cette pratique
  • Tu viens du piano et tu lis la musique : le clavier piano te donne tes repères dès la première minute
  • Tu vises le conservatoire : les classes d’accordéon travaillent sur chromatique, le plus souvent à boutons
Le conseil Woodbrass

Essaie les deux le même jour, à la suite, sur le même morceau simple : trente minutes suffisent pour sentir lequel te parle. Et quel que soit ton choix, prévois la housse dès le départ, le soufflet apprécie moyennement les chocs et l’humidité. Elles se choisissent au nombre de basses.

Les confusions les plus fréquentes

  • « À boutons, donc diatonique » : non. Le clavier à boutons est aussi le format chromatique le plus répandu en conservatoire. Regarde les rangées, pas la forme des touches
  • « Clavier piano, donc plus facile » : les repères visuels sont immédiats, mais la main gauche s’apprend de zéro des deux côtés
  • Une méthode ne vaut que pour un système : les doigtés n’ont rien à voir d’une famille à l’autre, vérifie la mention avant de commander une méthode d’accordéon

Bisonore contre unisonore, tonalités choisies contre gamme complète : voilà ce qui sépare vraiment les deux familles. Le plus sûr moyen de trancher reste de pousser et de tirer sur les deux, l’un après l’autre, et de voir lequel te donne envie de continuer.

Sources